Un critère de saisie au clavier pour vos demandes d'outils numériques

Oui, une demande d'outil numérique doit poser la question de la saisie au clavier avant toute licence. Si l'outil suppose que des élèves de cycle 2 tapent un texte qu'ils ne savent pas encore taper, l'échec apparaîtra en classe, pas dans le dossier. Une ligne suffit au formulaire, adossée à l'attente EN 23 du Plan d'études romand et à la disposition du clavier de la classe.
En bref : les demandes d'outils arrivent avec des questions de sécurité, de données et de coût, rarement avec celle de la saisie. Nous proposons une ligne « aptitude à la saisie » en quatre questions, remplie par l'établissement demandeur, placée avant l'examen de la protection des données. Elle ne bloque pas un outil : elle oblige à prévoir l'apprentissage du clavier ou à revoir la classe visée. Appliquée à Meta Typing Club, elle révèle une limite : nos leçons suivent aujourd'hui l'AZERTY français, pas le QWERTZ suisse.
Pourquoi la question manque dans les dossiers
Un dossier de demande d'outil réunit en général une description de l'usage, un coût annuel, une fiche de sécurité, et en 2026 une question de plus en plus présente sur la protection des données. Elle l'est pour de bonnes raisons. Depuis l'entrée en vigueur de la loi fédérale sur la protection des données révisée, le 1er septembre 2023, le Conseil d'État vaudois a mis en consultation une révision de la loi cantonale sur la protection des données personnelles pour l'adapter à ces nouvelles règles.
Le coût, lui, filtre peu. Selon la foire aux questions vaudoise sur les marchés publics, l'AIMP 2019 autorise le gré à gré sous 150 000 CHF pour les fournitures et pour les services. La plupart des outils pour l'école primaire restent très loin de ce seuil. Aucun appel d'offres ne posera donc de question pédagogique à leur place.
Nous n'avons pas trouvé de formulaire cantonal romand publié qui contienne une question sur la saisie, et nous ne prétendons pas qu'aucun n'existe. Notre constat est un raisonnement : les rubriques habituelles d'une demande (usage, coût, sécurité, données) ne posent pas la question de la saisie, sauf si quelqu'un l'y ajoute.
Sous le seuil du gré à gré, le formulaire de demande est souvent le seul moment où quelqu'un pose une question pédagogique sur un outil.
Ce que le PER attend, cycle par cycle
Le critère n'a pas besoin d'être inventé : le Plan d'études romand le fournit déjà, dans le domaine Éducation numérique. Il nomme le clavier dès le cycle 1, sans en faire le seul dispositif possible.
| Cycle | Années | Ce que le PER mentionne | Question pour la demande |
|---|---|---|---|
| Cycle 1 (EN 13) | 1P-4P | Découverte des dispositifs de saisie ; utilisation du clavier et positionnement du curseur dans le texte | L'outil demande-t-il plus qu'une saisie de mots isolés ? |
| Cycle 2 (EN 23) | 5P-8P | Attente : « saisit et met en forme un texte personnel de manière autonome » | Les élèves visés atteignent-ils cette attente aujourd'hui ? |
| Cycle 3 (EN 33) | 9-11 | Saisie avec des aides à l'écriture (correcteur, saisie semi-automatique), dispositif adapté à la tâche | Les élèves savent-ils relire et corriger ce que l'aide propose ? |
Pour le cycle 1, l'objectif EN 13 parle de « découverte de dispositifs de saisie (clavier, souris, pavé tactile, écran tactile, stylet, reconnaissance vocale, …) » et d'« utilisation du clavier et positionnement du curseur dans le texte ». Pour le cycle 2, l'objectif EN 23 décrit la « saisie d'un texte en favorisant l'utilisation d'un dispositif adapté » et attend qu'un élève « saisit et met en forme un texte personnel de manière autonome ». Pour le cycle 3, EN 33 évoque déjà les aides à l'écriture.
Le PER ne fixe ni méthode, ni vitesse, ni position des doigts, et il cite le clavier parmi d'autres dispositifs. Le formulaire ne doit donc pas exiger la frappe à dix doigts. Il doit demander si l'outil suppose une saisie que les élèves visés ne maîtrisent pas encore.
La ligne à ajouter au formulaire
Voici la formulation que nous proposons, à placer juste après la description de l'usage pédagogique et avant l'examen de la protection des données :
Aptitude à la saisie. 1. L'outil suppose-t-il que les élèves tapent eux-mêmes du texte (phrases, réponses, textes courts) ? 2. Si oui, les élèves visés atteignent-ils l'attente EN 23 du PER (« saisit et met en forme un texte personnel de manière autonome ») ou, au cycle 1, la progression EN 13 ? 3. Sinon, quel apprentissage du clavier est prévu, par qui, combien de minutes par semaine, et pendant combien de semaines avant la mise en service ? 4. La disposition de clavier attendue par l'outil correspond-elle aux claviers de la classe (QWERTZ suisse), et les élèves disposent-ils d'un clavier physique ?
C'est l'établissement demandeur qui répond : la direction d'établissement et l'enseignant qui portera l'outil. Le service qui instruit la demande vérifie que la ligne est remplie, pas que la réponse est exacte. Une réponse « non » à la question 2 ne refuse rien. Elle oblige à remplir la question 3, ou à revoir la classe visée.
La place compte autant que la formulation. Posée après l'examen des données, la question arrive quand le travail juridique est déjà fait ; posée avant, elle évite qu'un dossier complet porte sur un outil que les élèves ne pourront pas utiliser.
Une question sur la saisie coûte deux minutes à l'établissement ; une licence que les élèves ne peuvent pas utiliser coûte une année scolaire.
Ce que la ligne ne fait pas, notamment pour l'IA
Le critère vise les outils qui supposent du texte tapé : traitement de texte, plateformes d'exercices à réponses rédigées, outils d'écriture assistée et, au cycle 3, ceux qui intègrent des aides à base d'intelligence artificielle. Il ne suggère pas que des élèves de 1P à 8P utilisent des agents conversationnels, et il ne porte pas de jugement sur l'intérêt de tels outils.
Nous n'avons pas trouvé de directive vaudoise publiée sur l'intelligence artificielle à l'école. Si votre département en adopte une, la ligne s'y rattache sans rien changer : un outil d'écriture, avec ou sans IA, reste inutilisable par un élève qui cherche chaque lettre du regard.
Le critère ne dit pas si un outil est bon ; il dit si les élèves visés peuvent s'en servir le jour de sa mise en service.
L'objection : « Ce n'est pas au service de juger la pédagogie »
L'objection est sérieuse. Le service qui instruit les demandes examine la conformité, la sécurité et le coût ; la pédagogie revient à la direction d'établissement et aux enseignants. Chaque ligne ajoutée allonge un circuit que les établissements trouvent déjà lent.
Elle gagne en partie, et le format proposé en tient compte. Le service ne juge pas la réponse et ne peut pas la vérifier : la ligne est déclarative, remplie par l'établissement, et elle ne bloque pas le dossier. Ce que le service apporte, c'est sa position : il voit passer toutes les demandes, et il est le seul à pouvoir rendre la question systématique. Sans lui, elle dépend de la mémoire de chaque direction.
Le critère appliqué à Meta Typing Club
Un critère qui ne s'appliquerait qu'aux autres ne vaudrait rien. Nous construisons Meta Typing Club, une plateforme de leçons de dactylographie avec un tableau de bord pour les enseignants et les parents, et nous l'avons passé à notre propre grille. À la question 4, la réponse est aujourd'hui « non » pour une classe vaudoise : nos leçons suivent la disposition AZERTY française. La disposition suisse est prévue ; elle n'est pas encore offerte. Sur un clavier QWERTZ, le Y et le Z sont inversés et les lettres accentuées ont leurs propres touches : une partie des exercices AZERTY y serait fausse.
Le reste se vérifie sans difficulté. L'enseignant ou le parent crée le compte de l'élève ; aucun âge ni date de naissance n'est demandé ; le travail attribué peut porter une date limite facultative, avec pour chaque élève la précision et les mots par minute (MPM). Il n'existe aucune intégration d'import des listes d'élèves ni de connexion unique, et Meta Typing Club ne figure dans aucun catalogue cantonal ni chez Educa. L'hébergement se trouve hors de Suisse : l'accord destiné aux écoles, publié sur notre site, indique que les données des élèves sont stockées et traitées aux États-Unis, avec un préavis de 30 jours avant tout transfert. La question relève de l'examen selon le droit cantonal, et nous y répondrons par écrit. Chaque compte d'élève est supprimé par l'adulte ou l'école qui l'a créé.
À retenir
- Sous 150 000 CHF, l'AIMP 2019 autorise le gré à gré : le formulaire de demande devient le principal filtre pédagogique.
- Le PER attend en cycle 2 (5P-8P) qu'un élève saisisse et mette en forme un texte personnel de manière autonome.
- Au cycle 1, le PER cite le clavier parmi au moins 6 dispositifs de saisie, et il ne fixe aucune méthode.
- La ligne proposée tient en 4 questions, remplies par l'établissement, avant l'examen des données.
- Une réponse « non » ne refuse pas l'outil : elle impose un plan d'apprentissage du clavier ou une autre classe visée.
- La loi fédérale révisée sur la protection des données est en vigueur depuis le 1er septembre 2023 ; la loi vaudoise est en cours de révision.
Questions fréquentes
Qui doit remplir la ligne « aptitude à la saisie » ?
L'établissement demandeur : la direction d'établissement, avec l'enseignant qui utilisera l'outil. Ce sont eux qui savent si leurs élèves de 5P ou de 7P tapent un texte sans aide. Le service vérifie que la ligne est remplie et transmet le dossier ; il ne juge ni la réponse ni la pédagogie retenue.
Le PER exige-t-il la frappe à dix doigts ?
Non. L'objectif EN 23 attend qu'un élève de cycle 2 saisisse et mette en forme un texte personnel de manière autonome, avec un dispositif adapté. Le clavier figure parmi plusieurs dispositifs, à côté de l'écran tactile, du stylet et de la reconnaissance vocale. Le choix de la méthode revient à l'établissement.
Une réponse négative bloque-t-elle la demande ?
Non, et c'est voulu. Une réponse négative oblige à décrire l'apprentissage prévu : qui l'assure, combien de minutes par semaine, pendant combien de semaines avant la mise en service. L'établissement peut aussi viser une classe plus âgée. Le dossier continue son circuit avec cette information.
Combien coûte Meta Typing Club pour un établissement, et en quelle monnaie ?
La formule School Free est gratuite dans ces limites : 3 enseignants, 3 classes, 3 devoirs actifs et 9 élèves au plus par classe, ce qui ne couvre pas une classe entière ; elle peut afficher de la publicité. School Plus coûte 250 USD par an pour 300 places élèves, School Pro 500 USD par an pour 1 000 places. Pour plusieurs établissements : devis sur demande, facture ou bon de commande.
Où sont hébergées les données des élèves ?
Non, hors de Suisse : l'accord destiné aux écoles, publié sur notre site, indique que les données des élèves sont stockées et traitées aux États-Unis. Exigez cette réponse par écrit de chaque fournisseur, nous compris, et faites-la examiner selon la loi cantonale applicable. Aucun âge ni date de naissance n'est demandé, et chaque compte d'élève est supprimé par l'adulte ou l'école qui l'a créé.
Pour la prochaine révision du formulaire
Une demande d'outil numérique devrait savoir, avant toute licence, si les élèves visés peuvent taper ce que l'outil leur demande. Ajoutez la ligne en quatre questions à votre modèle de demande, testez-la sur les dossiers du prochain trimestre, puis gardez ce qui sert. Pour préparer la partie données, lisez nos questions de protection des données à poser à tout fournisseur ; pour situer la frappe dans la semaine, consultez notre analyse de la saisie au clavier au cycle 2 ; pour voir une séance type, ouvrez les premières leçons sur la rangée de repos.
Le conseil de Keeko : Keeko, le petit robot compagnon de frappe, regarde toujours le clavier avant l'écran. Avant de lire la fiche d'un outil, demandez une photo des claviers de la classe visée. Elle répond souvent à la question 4 avant tout le reste.


